Avec la multiplication des polémiques autour de l’alimentation et l’effet de mode des « régimes sans » (sans gluten, sans lactose, sans œuf, ...), les termes d’allergie, d'intolérance, de maladie et de sensibilité sont de plus en plus utilisés mais pas forcément à bon escient !

Or les symptômes, les réactions et les mécanismes en jeu sont bien différents qu'il s'agisse d'une allergie, d'une intolérance ou d'une hypersensibilité. Alors pour y voir plus clair, on fait le point sur chacun de ces trois termes.

 

Allergie, intolérance ou encore hypersensibilité alimentaire, quelles différences ? Avec Plaisir

L'allergie alimentaire (avec réaction immédiate)

Qui n'a pas déjà entendu un proche, un ami ou un collègue, dire qu'à la fin des repas, il se sent souvent ballonné et qu'il pense du coup être allergique au gluten ?! Voilà un parfait exemple  de confusion !

L'allergie alimentaire est une réaction anormale et spécifique qui se déclenche au contact ou après l'absorption d'une substance étrangère (un allergène - que ce soit le gluten, le lait, l'œuf, l'arachide ...).

L'allergie active le système immunitaire qui libère des anticorps IgE (Immunoglobuline E) pour défendre l’organisme contre ce qu’il considère comme une menace. Cela provoque une réaction immunitaire disproportionnée face à cet aliment, dans le but de l’éliminer et ce quel que soit l'aliment en question.

On estime que 3 à 4% de la population adulte française (source : Agence nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’environnement et du travail - ANSES) serait touchée par des allergies alimentaires. Dans les faits, elles concernent essentiellement les jeunes enfants (8%) et disparaît le plus souvent avant l’âge adulte.

En général, les symptômes d’une allergie alimentaire surviennent directement après l’ingestion de l’aliment et sous diverses formes (digestive, respiratoire ou cutanée) : éternuement, nez qui coule, toux, démangeaisons,  rougeurs, problèmes respiratoires, nausée, ballonnement, crampes abdominales…  L'une des réactions les plus violentes est l’œdème de Quincke, un gonflement du visage (ou des parties du visage comme les lèvres, les paupières) mais aussi du larynx, pouvant aller jusqu'à obstruer les voies respiratoires et provoquer l’asphyxie. Dans certains cas rares, cela peut aussi aller jusqu’à l'anaphylaxie, une diminution sévère de la tension artérielle pouvant mener à l'arrêt cardiaque. Quoiqu'il en soit, une allergie alimentaire ne doit jamais être prise à la légère car elle peut engager le pronostic vital .

 

L'intolérance alimentaire

Faute de recherches et de consensus entre les médecins et les scientifiques, les intolérances alimentaires sont aujourd'hui encore sujettes à polémique. La seule qui ne suscite pas le débat, est l’intolérance au gluten, qui désigne, en fait, la maladie cœliaque (prononcé céliaque).

Cette pathologie entraîne une inflammation au niveau des parois de l'intestin grêle. La consommation de gluten réduit alors petit à petit ces parois jusqu'à ce qu'elles ne soient plus en mesure d'assimiler les nutriments de l'alimentation… ce qui peut entraîner de graves conséquences. Diagnostiquée sur avis médical (prise de sang puis biopsie), elle est souvent difficile à repérer tant les symptômes de la maladie sont nombreux et variés : douleurs abdominales, diarrhées, ballonnements, nausée, fatigue, anémie,… mais aussi parfois troubles neurologiques et articulaires. Certains malades ne ressentent même aucun symptôme  !

Aujourd’hui en France, on estime qu’environ 1% de la population  serait concernée par l’intolérance au gluten. Mais ce chiffre reste minoré car seulement 10 à 20% des malades seraient diagnostiqués (soit environ 150 000 personnes) !

En revanche, depuis quelques années, les médecins voient de plus en plus de patients présentant les mêmes symptômes que les malades cœliaques, mais dont les tests de recherche de la maladie cœliaque s'avèrent négatifs : ce sont les hypersensibles !

Dans tous les cas, rapprochez-vous de votre médecin
avant de commencer un régime sans gluten,
pour en parler avec lui et assurer un suivi régulier.

Allergie, intolérance ou encore hypersensibilité alimentaire, quelles différences ? Avec Plaisir


L'hypersensibilité

Dans cette catégorie, il y a les hypersensibles au gluten non cœliaques (appelés aussi "SGNC" -  pour " Sensibilité au Gluten Non Cœliaque") mais on retrouve également ici toutes les personnes sensibles au lait, aux œufs, ...

Il s'agit d'une réaction digestive suite à l’absorption d'un aliment mais celle-ci n'entraîne ni lésions intestinales, ni production d'anticorps… comme c'est le cas pour l'allergie ou la maladie cœliaque. Les symptômes observés sont généralement des problèmes digestifs accompagnés de ballonnements, parfois de fatigue. Mais certains hypersensibles présentent d'autres symptômes : douleurs articulaires, problèmes de peau, migraine, etc. Ils sont donc variés et ils peuvent mettre plusieurs heures voire plusieurs jours  après l’ingestion de l’aliment, à se manifester, d'où la difficulté d'établir un diagnostic.

Aujourd'hui encore, l'hypersensibilité a du mal à être comprise,  peu d'études ont été réalisées et aucun test pour la diagnostiquer n'est à ce jour validé par l'ensemble du corps scientifique et médical.

Au final, que l’on soit allergique, intolérant ou hypersensible,
les conséquences sur le quotidien sont les mêmes.
 

Puisque le seul remède reste d'éviter l'aliment en question avec plus ou moins d’écarts, selon les cas évidemment.

Heureusement, on vous propose plein de recettes gourmandes sans allergènes sur le blog !